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19 avril 2024
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L’UFE accueille favorablement l’ambition d’un projet de texte législatif portant sur l’industrie verte et souligne le rôle moteur de la filière électrique dans la réindustrialisation et la décarbonation de ce secteur.
En parallèle du lancement par la Commission européenne le 1er février 2023 d’un Plan industriel du Pacte vert (« Green Deal Industrial Plan ») ayant pour objectif de soutenir la compétitivité de l’industrie bas carbone et de favoriser la croissance rapide des capacités industrielles, le gouvernement français a lancé une consultation visant à préfigurer un projet de loi portant sur l’industrie verte. La relocalisation d’un certain nombre d’activités s’illustrant concrètement par l’implantation de nouvelles usines est essentielle pour atteindre les ambitions européennes et françaises en matière d’énergie, de climat et de souveraineté industrielle. Il en va de même concernant la décarbonation des filières existantes et l’enjeu de maintien de ces activités sur le territoire français et européen. Cependant, les choix effectués par les industriels s’effectuent dans un contexte de concurrence internationale croissante pouvant être influencée par les différentiels d’aides (subventions notamment) ou de politiques industrielles (impôts de production, coût de la main d’œuvre…) choisies par les Etats.
Dans un contexte de nécessaire diminution de l’empreinte carbone, le rôle important du vecteur électrique dans la stratégie bas carbone de l’État français doit se traduire par un renforcement de l’ensemble des filières stratégiques du système électrique et de leur chaîne d’approvisionnement, de la production d’électricité à son usage. Dans une France réindustrialisée de 2050, la consommation d’électricité décarbonée pourrait croître de 60 % par rapport à aujourd’hui[1].
Dès lors, l’UFE tient à rappeler que la bonne santé du tissu industriel français dépend de l’accès à une électricité bas carbone et à un prix stable et compétitif sur le long terme.
Cette stratégie doit ainsi s’inscrire :
La transformation du système électrique se traduira donc par des investissements massifs dans les capacités de production décarbonée, le stockage et les usages, du bâtiment à la mobilité électrique en passant par l’industrie et la production d’hydrogène, ainsi que dans les réseaux de transport et de distribution.
À titre d’exemple la France investit plus de 5 Mds€ par an (services, équipements et travaux) dans les réseaux et va connaître une forte croissance d’activité, avec des investissements de l’ordre de 8 Mds€ par an à l’horizon 2030. La part de commandes en équipements industriels pour ces programmes d’investissements passera d’environ 1,5 Md€ en 2020 à 3 Mds€ annuels en 2030, très largement auprès de fabricants européens.
Tous les secteurs de la filière électrique sont tributaires à différents degrés de la disponibilité en composants électriques et en matières premières. Par conséquent, l’un des enjeux majeurs de tous les secteurs (énergies renouvelables, nucléaire, réseaux, électromobilité, électrolyse…) est de renforcer les capacités industrielles françaises et européennes pour pourvoir à l’accroissement des besoins, et d’accroître l’autonomie française sur toute les chaînes de valeur. D’ici 2050, les besoins en matériels et matériaux vont s’accroître dans de fortes proportions, alors que l’on constate d’ores et déjà des difficultés concrètes d’approvisionnement, comme pour les composants électroniques, fortement importées d’Asie, ou pour certaines matières premières telles que le cuivre, le lithium, le cobalt, l’aluminium ou le zinc.
La transition énergétique offre une nouvelle opportunité industrielle à la France qui a formidablement réussi à construire une industrie forte lors de la première vague d’électrification. Cette deuxième vague est l’occasion de la reconstituer et de contribuer à la souveraineté énergétique européenne à moyen terme.
Le Plan industriel du Pacte vert de la Commission européenne associé au Projet de loi Industrie verte sont une opportunité historique de reconstituer, maintenir et développer les chaînes de valeur nécessaires aux filières stratégiques de la transition énergétique ainsi que les emplois associés pour soutenir la décarbonation de notre économie.
À titre liminaire, l’UFE juge primordial que le projet de loi industrie verte comprenne dans son périmètre d’application l’ensemble des industries essentielles à la transition énergétique, qu’elles soient de premier rang ou bien avec un rôle de fourniture de matériels et composants, parmi lesquelles :
Le présent document recense les nombreuses recommandations de l’UFE en lien avec les filières industrielles évoqués ci-dessus ainsi qu’avec les grandes thématiques des groupes de travail préparatoires au projet de loi industrie verte.
Déployer le volet industriel de la planification écologique nécessite de disposer d’une vision claire des zones territoriales à développer et d’y attirer les entreprises via des procédure simplifiées.
Appuyer la démarche de planification écologique à l’échelle nationale et le soutien à la création de « Zones Industrielles Bas Carbone » et de « grands clusters industriels ». Ces zones bénéficieraient d’un accès facilité à l’électricité décarbonée et aux hubs portuaires et ferroviaires, aussi bien sur les façades maritimes qu’à l’intérieur des terre[2]. L’Etat y soutiendrait financièrement le déploiement accéléré des technologies, infrastructures et réseaux nécessaires à la décarbonation. Ces zones ont vocation à constituer des territoires pionniers de la décarbonation de l’industrie française, ainsi que des territoires industriels « clé en main » pour les entreprises désireuses d’investir dans la transition écologique, afin d’en faire un levier majeur de réindustrialisation verte.
Utilisé à son plein potentiel, notamment via une modification des lignes directrices sur les aides d’État, le levier de la commande publique permettrait de maximiser le contenu local de filières technologiques et d’assurer ainsi la création de nombreux emplois. En sus de cette vision claire sur le carnet commande, la visibilité donnée aux entreprises grâce à des aides à l’exploitation et à un accès à une électricité à un prix stable et compétitif permettrait de rendre ces créations d’emplois pérenne. Enfin, garantir la bonne santé de l’industrie verte française sur le long terme nécessite pour l’État de s’investir de façon accrue dans des sujets stratégiques tels que la normalisation et la sécurisation de l’accès aux matières premières.
S’il est important que le prix demeure le critère majoritaire afin d’assurer la proportionnalité de l’aide et d’inciter les acteurs participant aux procédures concurrentielles à apporter le meilleur service à la collectivité au meilleur coût, le retour d’expérience montre que des critères hors-prix peuvent jouer un rôle important dans la préservation des autres enjeux et objectifs d’intérêt commun poursuivis par les soutiens aux technologies de production d’énergie décarbonée.
En premier lieu, afin de pouvoir prendre en compte de façon plus large ces critères hors-prix dans les processus d’appels d’offres, et dans le contexte du nouveau plan européen « A Green Deal Industrial Plan for the Net-Zero Age »[3], il est nécessaire de modifier les lignes directrices sur les aides d’État pour que ces critères puissent représenter jusqu’à 50 % de la notation des projets.
En second lieu, dans ce nouveau cadre élargi, plusieurs critères hors-prix différenciants pourraient être combinés afin de favoriser le tissu industriel français ou européen :
Enfin, une adaptation des lignes directrices sur les aides d’État serait cependant nécessaire pour pouvoir mettre en place un véritable critère portant sur le « contenu national » (ou a minima européen) d’un projet. La définition exacte de cette notion resterait à préciser mais elle pourrait être basée sur un lieu de conception, un nombre d’ETP dans un rayon géographique…
Par ailleurs, il serait également important de mettre en place des dispositions pour permettre aux procédures d’appels d’offres publiques des gestionnaires de réseaux de maintenir leur attractivité de premier plan pour les fournisseurs en Europe et sécuriser à long terme leurs approvisionnements dans un contexte de très forte concurrence mondiale pour l’accès aux capacités de production.
L’élargissement des aides d’État vise à faciliter la création ou l’extension de sites de production de matériels et de câbles en France, en cohérence avec le Plan industriel du Pacte vert de la Commission européenne.
L’accès à l’électricité renouvelable et bas carbone à un prix stable et compétitif est un élément clé pour l’industrie verte. Dans ce cadre, contrairement au cas français (et plus généralement européen), les soutiens de « l’inflation Reduction Act » aux Etats-Unis sont quasi intégralement construits sur la base de crédits d’impôts assis sur les investissements initiaux dans les installations de production, plutôt que comme un prix garanti dans un contrat de soutien avec la puissance publique. Il s’agit donc d’aides à l’investissement, et non d’aides au fonctionnement, en suivant le distinguo usuel en droit des aides d’Etat européen.
La loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables comporte en son article 86 des dispositions visant à ouvrir et développer les modèles de contractualisation long terme d’achat d’énergie entre des consommateurs, notamment industriels, et des producteurs renouvelables. Dans cette perspective, il pourrait être envisagé, afin de conforter le déploiement de PPA de prolonger la loi ENR par des incitations fiscales renforcées, en approfondissant les modifications des articles 238 bis HV et suivants dans le cadre du projet de loi industrie verte et dans le cadre de la réforme du cadre de marché européen.
La normalisation est un puissant levier pour améliorer les performances énergétiques et climatiques des industries françaises dans la durée, leur assurer des débouchés et donc créer des emplois sur le sol national.
Dans ce registre, le projet de loi pourrait également :
Afin de rester un acteur majeur dans une économie mondiale qui se décarbone, l’Union européenne et la France en particulier doivent trouver des solutions de financement pour accompagner la décarbonation de l’industrie de manière compétitive. Les Etats-Unis ont à ce titre mis en place dans le cadre de l’Inflation Reduction Act des mécanismes dont la clarté et la simplicité permet de réduire rapidement les dépenses des entreprises et de maximiser les baisses des émissions de gaz à effet de serre. À l’opposé, l’Union européenne fait le choix de l’aménagement du cadre réglementaire et de la mise en place de mécanismes adaptés pour chaque filière, ce qui implique des délais de mises en place plus longs et une multiplicité des fonds de financement. Dès lors, afin de financer la décarbonation de l’industrie française, l’UFE propose dans le cadre du projet de loi de :
Préalablement aux recommandations suivantes, l’UFE souligne que les nouveaux métiers dits « verts » ne doivent pas être survalorisés au détriment de métiers de l’art plus traditionnels et essentiels à la transition énergétique/écologique (métallurgie, systèmes industriels, maintenance, monteur réseau…).
La filière industrielle doit être soutenue dans sa dynamique de développement des compétences et de l’emploi. En ce sens, l’UFE a réalisé avec l’ensemble de la filière électrique un EDEC Prospective des Emplois et Compétences à l’horizon 2030 pour identifier les métiers en tension ainsi que les pistes d’action pour améliorer l’attractivité des métiers de la filière électrique en forte croissance et faire connaître les offres de formation ou de reconversion disponibles.
[1] RTE, « Futurs Énergétiques 2050 »
[2] Ces sites offrent par ailleurs un fort potentiel d’utilisation de chaleur fatale.
[3] Commission européenne, février 2023
[4] Sénat, Audition de M. Philippe Varin en commission des affaires économiques, février 2022