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24 février 2013

Transition énergétique : ce que veulent les ONG et…la réalité

Edito: 25 février 2013

La semaine dernière, une trentaine d’ONG ont tenu une conférence de presse pour présenter leurs mesures phare en matière de transition énergétique. Dénonçant le manque de portage du débat par le gouvernement et la méthode de concertation jugée, selon elles, incohérente avec les promesses tenues lors de la conférence environnementale, les ONG ontavancé 14 propositions dont la plupart relèvent plus du postulat que de la contribution réaliste à un débat aux enjeux tout autant climatique, qu’économique, industriel et social pour le pays…

30 ONG pour «14 mesures indispensables» en matière de transition énergétique: si l’on part du principe que l’union fait la force, la démonstration est parfaite. Ainsi, lors d’une conférence de presse, sans doute destinée à montrer leur détermination à peser sur les choix qui seront faits en matière de transition énergétique – qu’elles soient d’ailleurs présentes ou non au sein des différentes instances du débat-, les ONG ont commencé par dénoncer le manque de portage du débat par le gouvernement, tout comme la méthode de concertation, selon elles, incohérente avec les promesses tenues lors de la conférence environnementale. Le gouvernement doit apprécier…

Des affirmations erronées…

Mais au-delà de la forme, il y a, dans ces propositions, des éléments profondément contestables. Tout d’abord, il est faux d’affirmer que le bâtiment est le premier poste de consommation d’énergie. Le premier poste, c’est le transport, et c’est donc celui-ci qui doit être prioritaire dans l’approche pour rationaliser les consommations d’énergie. Surtout lorsqu’on sait le poids que représente le pétrole dans le déficit de la balance commerciale de la France, et son impact climatique!

De même, quand les ONG envisagent la mise en place progressive d’une obligation de travaux pour tous les logements anciens, individuels et collectifs, avec, en point de mire, une interdiction de vendre ou louer des bâtiments de classe G ou F dès 2018, n’y a t’il pas atteinte au droit de disposer librement de son bien?

Enfin, affirmer qu’il est nécessaire de «mettre fin au gaspillage de l’électricité» relève littéralement du procès d’intention: en quoi l’électricité serait-elle plus gaspillée qu’une autre énergie?

…et bien peu de réalisme

En réalité, la transition énergétique telle que souhaitée par les ONG est fondamentalement une volonté de changement de choix de société, quitte à nier des réalités économiques, industrielles et technologiques, et, de surcroît, avec une forte propension à se polariser sur l’électricité. Ainsi, prôner l’abandon complet du nucléaire en laissant croire que cela n’est qu’une question de volonté politique est irréaliste, qu’on se déclare «pour» ou «contre» l’atome. De même, mettre en exergue les politiques danoises ou allemandes comme autant d’expériences réussies, c’est occulter à quel coût cela s’opère, et avec quelles conséquences sur l’augmentation des émissions de CO2 (eh oui, il faut bien des moyens de production d’électricité mobilisables instantanément – autrement dit des centrales à charbon ou au lignite – pour pallier la variabilité des énergies renouvelables).

Soutenir, par ailleurs, que l’organisation centralisée du modèle énergétique français entrave la mise en place de solutions locales adaptées, c’est là encore laisser croire que l’organisation actuelle du systéme électrique n’a pas de justifications techniques et économiques. Certes, tout n’a pas vocation à rester centralisé et, en ce sens, le débat sur la transition énergétique doit pouvoir faire émerger de nouvelles approches. Pour autant, il est irréaliste de nier le principe de complémentarité des moyens de production entre les régions grâce au maillage du territoire par les réseaux de transport et de distribution. Car c’est cette complémentarité qui est le fondement même de l’équilibre, constant et indispensable, du système électrique. Enfin, subsidiairement, lorsque les ONG évoquent la question du financement de la transition énergétique, cela demeure extrêmement flou sur le plan opérationnel comme en matière de montants. Ce sera pourtant, là aussi, un paramètre incontournable du débat…

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