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19 mai 2014

Les enseignements de l’Energiewende pour la transition énergétique française

Le ministre allemand de l’économie et de l’énergie, Sigmar Gabriel, ne cache plus son inquiétude face à la tournure qu’a prise l’Energiewende Outre-Rhin. Tout récemment, il a même parlé de « folie » pour évoquer la transition énergétique allemande. Les chiffres* lui donnent en effet raison et font quelque peu froid dans le dos. Même si la France est loin d’un tel scénario, l’expérience de nos voisins et amis allemands est néanmoins à méditer sérieusement pour tirer les enseignements de ces erreurs et ne pas rater notre propre transition énergétique …

Le problème est sans doute que l’Allemagne a mal évalué la trajectoire en matière de développement intensif des énergies renouvelables. Elle se heurte donc désormais à une réalité économique de plus en plus difficile à supporter pour le pays. Prenons quelques chiffres : entre 2001 et 2013, le photovoltaïque allemand (PV) a produit 110 TWh au total, pour un coût de 41,6 Mds €. Le MWh solaire est donc revenu au consommateur allemand à 422 €, dont … 382 € de subvention ! Même tendance pour la production éolienne qui totalise 435 TWh, pour un coût de 36,4 Mds €, soit 124€/MWh (dont 84€ de soutien public) pour le client final.

Impact sur la compétitivité

Ainsi, en 13 ans d’Energiewende, pour obtenir 545 TWh, soit l’équivalent d’un an de production du secteur électrique français, les allemands ont dû débourser 78 Mds d’€, soit l’équivalent du coût de construction de 10 EPR ou encore 1,5 fois le coût du prolongement pour 20 ans de l’ensemble des 58 réacteurs du parc nucléaire français actuel.

Mais surtout, les perspectives à 10 ans sont encore plus lourdes pour les consommateurs allemands. Après une enveloppe de 1,0 Mds € en 2001, 5,2 Mds € en 2007, et de 13,5 Mds € en 2013, la facture atteindra, entre 2014 et 2023, au minimum 150 Mds d’€ (uniquement pour les installations existant actuellement), avec un prix de gros se situant à 35 €.

Ce qui est en cause, in fine, c’est l’impact de ces factures exorbitantes sur le niveau de compétitivité des entreprises allemandes et donc sur la variable-clé de son économie : son énorme excédent commercial à l’exportation. C’est sans doute ce qu’entrevoit d’ores et déjà Sigmar Gabriel lorsqu’il parle d’échec technique et financier pour la transition énergétique allemande…

*Sources des chiffres : BDEW

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