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21 mai 2013

Du Facteur 4 au Facteur 2 : un tour de « passe-passe » au cœur du DNTE

Edito21 mai 2013:

Une idée se répand au sein du DNTE: pour que la France respecte ses engagements sur le Facteur4 (division par quatre des émissions de Gaz à Effet de Serre – GES), il faut que la consommation d’énergie en France soit divisée par deux.
Du Facteur4, on passe au Facteur2. Plus qu’un glissement sémantique, ce changement induit une rupture majeure dans l’approche de la lutte contre le changement climatique. On ne parle plus directement de la réduction des émissions de GES, notamment du CO2, principale cause, reconnue, du réchauffement climatique. Mais, plus subtilement, on parle de la réduction de la consommation d’énergie qui devient alors condamnable en elle-même, qu’elle soit carbonée ou non…

Ce tour de «passe-passe» est amorcé depuis longtempsen France. Le dispositif des Certificats d’Economie d’Energie (CEE), lourd, inefficace, coûteux, ne distingue jamais les actions d’Efficacité Energétique sobres en CO2 des autres. La réglementation thermique actuelle (dite RT2012), ne retient que les consommations d’énergie par m2, sans considération des émissions de carbone. C’était déjà la grande lacune du Grenelle de l’Environnement, fondée sur une vision de départ erronéequi méconnaissait l’avance de la France, avec une émission de CO2 par unité de PIB produite deux fois moindre que l’Allemagne. En Europe, hélas, même tendance: la directive «Efficacité Energétique» ne retient, comme critère principal, que la diminution des consommations d’énergie.

Une nouvelle approche qui arrange certains

Ainsi s’installe un nouveau postulat dans la transition énergétique. La consommation d’énergie devient le principal coupable, qu’elle donne lieu à l’émission de CO2 ou non. Ce postulat vient au service des thèses de certaines parties prenantes. Il permet auxopposants de l’atome de justifier une sortie du nucléaire, énergie qui n’émet pourtant aucun GES. Il permet aussi d’éviter d’évaluer sérieusement le rôle de l’électricité dans la transition comme un des vecteurs d’avenir majeurs d’une économie décarbonée, compétitive et en croissance. Il soutient un objectif sous-jacent de changement de société, qui, sous couvert de sobriété, suppose des modifications profondes en matière d’habitat, de comportement, d’occupation des logements sans se préoccuper des effets négatifs sur la croissance économique et sur la compétitivité. Peut-on être en faveur de la croissance économique et réduire par deux la consommation en énergie à l’horizon2050, qui plus est avec une démographie croissante? Rappelons qu’un taux de croissance de 1,5 % annuel ne fait qu’équilibrer l’accroissement démographique de la France! En deçà de ce taux de croissance, le PIB par tête diminue, le chômage augmente.

Retrouver la voie de la croissance

En fait, en stigmatisant uniquement la consommation d’énergie, quelle que soit son contenu carbone, on évite le vrai débat: comment retrouver la voie de la croissance, de la compétitivité de l’économie, et donc de l’emploi, en continuant à améliorer la performance bas-carbone de la France? Rappelons que le secteur industriel de la France est en récession et ne représente que la moitié de celui de l’Allemagne. Dans le même temps, laFrance, grâce à son mix électrique actuel, émet deux fois moins de CO2 que l’Allemagne par unité de PIB produite. La question centrale est donc celle de l’intensité carbone de la nécessaire croissance. Les efforts doivent être focalisés sur elle.

Malgré les alertes des entreprises et des confédérations syndicales, le DNTE va-t-il, à nouveau, passer à côté de ces questions fondamentales? Le changement de paradigme symbolisé par un changement de mot – la sobriété énergétique remplaçant l’efficacité énergétique – n’est pas sans danger sur le plan économique et, donc politique, en ces périodes de crise économique en France.

Si le débat porte effectivement de manière ouverte sur ces questions essentielles à l’horizon2025 / 2050, nous pouvons, alors, nous féliciter de l’orientation générale du Président de la République qui vise à renforcer la performance bas carbone du mix électrique en le rééquilibrant sur la base de quatre technologies performantes et complémentaires: Eolien, Hydraulique, Nucléaire, Solaire. Quant à la compétitivité et à la croissance, c’est bien le sujet N°1 du débat politique en France aujourd’hui.

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