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19 avril 2024
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Le 9 septembre le Conseil des Ministres de l’énergie sous la présidence tchèque a mis sur la table un certain nombre de propositions pour tenir compte du niveau atteint et de la très grande volatilité des prix qui affectent les consommateurs européens et risquent de mettre en danger la compétitivité européenne.
Le 14 septembre, la Commission européenne a publié une proposition de règlement relatif à une intervention d’urgence concernant les prix élevés de l’énergie.
Le vendredi 30 septembre, les Ministres de l’Energie des 27 Etats membres tenteront de s’accorder sur les mesures d’urgences proposées par la Commission européenne.
Dans cette note, l’UFE analyse les propositions portées par les différentes parties prenantes, institutions comme acteurs de marché.
A titre liminaire, l’UFE souligne la nécessité que les objectifs de réduction de la consommation d’électricité pour le passage de l’hiver n’entravent pas la nécessaire électrification des usages qui contribuent à accroitre l’efficacité énergétique et climatique.
L’UFE constate que l’objectif de réduction de la consommation de 5 % proposé par la Commission européenne est en ligne avec les analyses du passage de l’hiver publiées par RTE le 14 septembre dernier.
Concernant les modalités de mise en œuvre de la proposition de la Commission, l’UFE rappelle la nécessité d’avoir une réflexion globale qui porte tant sur les évolutions de tarifs et d’offres incitant au lissage des consommations que sur les équipements d’efficacité énergétique et de pilotage qui feront que ces tarifs horo-différenciés auront un impact effectif sur les niveaux de consommation.
Toutes les mesures visant à renforcer l’efficacité énergétique, à consommer plus efficacement l’électricité dans chaque usage, et à réduire la demande pendant les périodes de tension vont dans ce sens. L’UFE soutient donc plusieurs catégories de mesures tant au niveau national qu’européen, qu’il y aura avantage à pérenniser.
La première concerne l’amélioration du pilotage de la demande :
La seconde vise à valoriser davantage les sources d’énergies renouvelables et de récupération disponibles localement en accélérant :
S’agissant de déplacer des consommations d’électricité vers les heures creuses, l’effet d’un certain nombre de mesures relatives aux signaux de prix peut être précieux[1] dès lors que les signaux tarifaires répondent à des tensions sur le système électrique (logique des tarifs à pointe mobile) et non pas à une réplication simpliste des prix de spot. Le développement des offres différenciées selon les plages horaires est de toute façon souhaitable dans la perspective de la transition énergétique à venir. L’UFE souhaite que, aussi rapidement que possible, la part des offres horo-saisonnalisées augmente dans la fourniture d’électricité.
A titre liminaire, l’UFE souligne la capacité du marché européen intégré et harmonisé à optimiser le système électrique à court terme. L’UFE n’est en général pas favorable aux mesures d’administration des prix sur les marchés de gros qui risquent de distordre la formation des prix et donc de désoptimiser le système électrique.
L’UFE peut néanmoins partager, dans la situation de crise actuelle, la démarche générale de la Commission européenne visant à récupérer une partie des rentes réalisées par les centrales de production infra-marginales pour autant qu’il s’agisse de répondre de manière urgente et limitée dans le temps aux problèmes posés par les prix actuels très élevés sur le marché de gros. La mise en place d’une telle démarche doit en particulier être circonscrite à une période clairement définie et limitée, en raison, si ce n’était pas le cas, des risques de décourager les investissements pourtant urgents et nécessaires dans les nouveaux moyens de production décarbonés et ne doit pas interférer dans la réflexion sur les nécessaires évolutions de market design de moyen/long terme permettant de remplir cet objectif.
Toutefois, l’UFE se doit de signaler que, dans sa forme actuelle, cette mesure soulève des difficultés importantes :
La proposition soulève par ailleurs des difficultés de mise en œuvre et des risques d’effets pervers. Cette mesure :
Si une telle mesure devait malgré tout être mise en œuvre au niveau européen, l’UFE juge qu’elle devrait nécessairement s’accompagner des principes suivants :
L’UFE rappelle que les acteurs de marché ont des engagements de moyen terme et que leurs contrats les contraignent à régler des appels de marge. En période de prix très élevés, comme c’est le cas actuellement, il devient très difficile, voire impossible à certains d’entre eux, de faire face à leurs obligations. Dès lors, l’UFE invite à explorer deux pistes pour soulager les entreprises face à l’augmentation des appels de marge :
Tout en rappelant son attachement au principe général d’une libre formation des prix de marché de l’électricité qui garantissent l’optimisation des moyens de production disponibles, l’UFE est favorable au gel temporaire du prix de clearing maximum day-ahead à son niveau actuel (4000€ du MWh), tel qu’annoncé par les NEMOs. L’UFE considère en effet que, dans le contexte actuel, ce gel temporaire permet de désamorcer la spirale inflationniste sur le prix plafond day-ahead et de limiter subséquemment le niveau des appels de marge pour les acteurs de marché et le niveau des prix forwards (notamment du Calendar 23), qui semble actuellement décorrélé des fondamentaux et tiré par la forte incertitude sur les épisodes de défaillance à venir. Indépendamment de ce gel, la méthodologie HMMCP doit être revue, comme demandé à l’ACER par les NEMOs et TSOs.
Dans les circonstances actuelles, l’UFE pourrait même soutenir une diminution du prix de clearing maximum considérant que l’effet du plafond sur le niveau des appels de marge pèsera d’autant moins que ce plafond sera bas. Toutefois, la baisse du prix de clearing maximum day-ahead, ayant un impact sur l’écrêtement de la couverture financière et augmentant les volumes manquants à acquérir dès lors sur les marchés intraday et balancing à des montants potentiellement plus élevés, l’UFE demande à ce que toute diminution du prix de clearing maximum en dessous du niveau initial de 3000€ /MWh soit accompagnée de mesures limitant le transfert opportuniste de capacité du marché day-ahead vers les marchés intraday et balancing.
Concernant la règle actuelle selon laquelle le prix de clearing maximum du day-ahead est systématiquement augmenté de 1000 EUR/MWh lorsque le prix de clearing dépasse une valeur de 60 % du prix de clearing maximum, l’UFE met en garde contre le risque d’emballement des prix de l’énergie notamment dans le cas de problèmes d’adéquation pour les prochains hivers. Les exigences en matière de garantie peuvent être affectées par le maintien de prix de clearing maximum élevés. Dans le cadre de sa réponse à la consultation des NEMOs de juillet 2022, l’UFE appelait ainsi à mettre en œuvre une certaine inertie dans la hausse des prix de clearing et invitait à explorer les leviers suivants :
L’UFE approfondit actuellement ces propositions dans le cadre de sa réponse à la consultation de septembre de l’ACER sur la révision du mécanisme automatique d’ajustement des prix de clearing maximal et minimal.
Si le cap gaz, quelles qu’en soient les modalités (cap sur le gaz électrogène, cap global sur les prix de gros du gaz), ne fait pas partie des propositions du projet de règlement de la Commission européenne soumis au Conseil, il fait l’objet de vives discussions. La Commission européenne a annoncé la création d’une Taskforce pour réfléchir aux mesures à mettre en place sur le gaz.
Dans ce cadre, l’UFE se doit d’analyser objectivement les avantages et inconvénients de ces options ainsi que leurs effets sur les prix de l’électricité :
L’UFE note qu’une extension de la mesure de plafonnement des prix du gaz électrogène appliquée depuis mars en Espagne et au Portugal est soutenue par le gouvernement français pour atteindre l’objectif de découplage des prix de gros de l’électricité et du gaz avancé par la Commission Européenne et faire diminuer les prix spot durant les périodes de marginalité gaz. A titre d’exemple, un niveau du plafond du gaz à 60/70 Euros MWh aurait un effet sur les prix de l’électricité autour de 180 Euros le MWh.
Cette mesure comporte toutefois certains effets distorsifs potentiels sur l’ordre de mérite des marchés spot de l’électricité et du gaz, impacte la valeur des couvertures financières et pourrait conduire à fausser les flux transfrontaliers avec les pays tiers et/ou les États membres de l’UE qui n’appliqueraient pas ce mécanisme. Elle induit par ailleurs une forme de compensation dont la charge devra in fine être supportée par le consommateur.
Pour être opérante, une telle mesure devrait ainsi nécessairement tirer parti du retour d’expérience du mécanisme ibérique et s’accompagner des modalités suivantes :
Une autre option consisterait à mettre en place un plafonnement du prix du gaz en donnant à l’Union européenne la possibilité de fixer un prix maximum pour ses achats de gaz. Cette mesure pourrait, en fonction du niveau du plafond, entraîner une réduction des prix à la consommation, tant pour le gaz que pour l’électricité, et donc une diminution des coûts de l’électricité produite par les centrales électriques au gaz.
Certaines modalités discutées consisteraient à appliquer ce cap au seul gaz provenant des gazoducs russes. Une telle mise en œuvre comporterait un risque élevé d’interruption totale de l’approvisionnement en gaz russe, impactant inégalement les États membres en fonction de leur exposition. Même sans interruption totale, elle serait toutefois d’un effet limité sur les prix de l’énergie puisque les flux de gaz russe ont d’ores et déjà été considérablement réduits.
Un plafonnement global des prix de gros du gaz, y compris GNL, pourrait permettre une diminution des coûts de l’électricité produite par les centrales électriques au gaz et une répercussion sur le prix de l’électricité fonction du niveau auquel le plafond serait fixé. A titre d’exemple, un niveau de plafonnement global du prix de gros du gaz à 100€ du MWh résulterait en un prix de gros de l’électricité de l’ordre de 250€ du MWh. Ainsi, l’effet de ce plafond sur les prix de l’électricité serait d’autant plus élevé que ce plafond serait bas. Pour le GNL supplémentaire nécessaire à la sécurité d’approvisionnement et acheté par l’Europe en concurrence avec l’Asie, un mécanisme d’achat à prix mondial devrait être ajouté avec système de compensation à prévoir. Cette mesure de plafonnement des prix de gros du gaz soulève toutefois des risques en matière de sécurité d’approvisionnement (risque d’absence d’accord avec les pays producteurs de gaz, voire de mesures de rétorsion en cas de plafond trop faible).
Si une telle mesure devait être mise en œuvre, l’UFE juge qu’elle devrait nécessairement être temporaire, coordonnée dans tous les États membres de l’UE et complétée par les éléments suivants afin de limiter les distorsions du marché et de faire face aux risques liés à la sécurité d’approvisionnement :
[1] Elles sont applicables aux clients dotés de compteurs communicants.
Contribution de l’UFE sur les mesures d’urgence concernant les prix élevés de l’énergie
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