Loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables, 1 an déjà ! Faisons le point
13 mars 2024
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Quand on en vient à parler d’électricité à l’échelle européenne, visiblement, un peu de pédagogie s’impose ! Si peu de citoyens de l’UE connaissent ce que recouvre réellement leur facture d’électricité, beaucoup ont carrément une vision déformée du fonctionnement même du marché de l’électricité européen et, de facto, de ses conséquences sur leur facture ou sur les entreprises du secteur. D’où l’intéressante note réalisée le 15 avril dernier par Eurelectric autour des mythes et réalités du marché de détail de l’électricité en Europe…
A la veille de la présentation, par la Commission Européenne, de sa réforme des marchés de l’électricité, et en particulier du marché de détail, il est en fait assez préoccupant de constater que les idées reçues ont la vie dure. Or, il est essentiel que la future réforme se concentre sur les problèmes structurels qui empêchent le marché de l’électricité de fonctionner correctement, plutôt que de faire référence à des visions erronées que les consommateurs pourraient avoir de la réalité.
Faux : la hausse générale des prix de détail constatée à travers l’ensemble de l’Union Européenne est essentiellement due à l’impact des taxes et des subventions imposées par les puissances publiques.) A l’inverse, la situation financière des utilities ne cesse de se dégrader.
Faux : en lien direct avec le point précédent, l’effet de la baisse des prix de gros est largement inférieur aux hausses constatées sur les tarifs d’acheminement et surtout sur le niveau des taxes. Les utilities sont donc dans l’impossibilité de faire bénéficier à leurs clients de la baisse du prix de l’électricité stricto sensu.
Faux : le taux de changement ne suffit pas à lui seul pour qualifier le fonctionnement du marché. En effet, le fait de ne pas changer de fournisseur peut s’expliquer par la satisfaction rencontrée avec celui d’origine, en particulier du fait de la qualité des services apportés, ou par des gains perçus comme trop limités par rapport à l’acte de changement. De surcroît, certains clients changent d’offre sans changer de fournisseur.
Faux : dans de nombreux Etats, la satisfaction est assez élevée ou en voie d’amélioration. C’est le cas par exemple, en Belgique, Finlande, France, Pays-Bas, Suède…
Faux : les stratégies et les business models des électriciens sont en train de se modifier profondément, en développant largement de nouveaux produits et services (demand response, auto-production, stockage par batteries, efficacité énergétique incluant la rénovation de bâtiments, apports financiers…)
Faux : en fait, malgré la volonté des fournisseurs de dialoguer avec leurs clients pour rendre la facturation plus transparente, la présentation des factures est encore majoritairement imposée par les régulateurs. En ce sens, il faudrait que la Commission Européenne, au lieu de chercher à imposer un contenu uniforme des factures, se contente d’exprimer des principes favorisant leur clarté et leur transparence.
Sans aller plus loin dans l’inventaire des idées reçues, on comprend qu’en réalité, la perception erronée que peuvent avoir les consommateurs européens du secteur électrique et de leurs fournisseurs trouve son origine dans les dysfonctionnements structurels du marché ; dysfonctionnements qui se répercutent en chaîne sur la situation des entreprises et …sur la facture finale des clients, sans qu’aucune des deux parties n’en tire un quelconque profit !
[[1. Eurelectric : Myths and Realities of EU electricity retail markets.]]